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L'anniversaire du patriarche !

L'anniversaire du patriarche ! - Daniel Green

Ce jour-là, c’était l’anniversaire de mon grand-père, nous avions coutume de nous réunir dans la grande salle pour marquer l’événement. La disparition de ma grand-mère, deux ans auparavant n’avait rien changé à nos habitudes.

La famille était au complet, grand-père trônait en bout de table, oncle Jean, mon parrain, sa femme, tante Lulu, toujours aussi coquette avec ses injections de juvederm, mon père, ma mère et moi étions les uns en face des autres. Le chat Mickey ronronnait non loin de là, humant l’odeur du traditionnel rôti de bœuf, accompagné de sa purée maison, et suivit du plateau de fromages. Puis, tante Lulu avait présenté à bout de bras, un énorme gâteau, surmonté de sept grandes bougies et de deux plus petites. Grand-père les souffla d’un coup, tandis qu’oncle Jean, faisait sauter un bouchon de champagne jusqu’au lustre du plafond.

C’est alors que la bombe a éclatée !

Grand-père s’est levé. Il a bu un peu de champagne, s’est soigneusement essuyé les moustaches, et d’un geste solennel a réclamé le silence. Les conversations se sont arrêtées instantanément.

  • Mes chers enfants, a-t-il commencé, je veux tout d’abord vous dire merci pour votre gentillesse à tous, pour votre affection et vos cadeaux.

  • C’est bien naturel, répondit oncle Jean

  • Bien sûr, mais merci à tous quand même, rétorqua mon grand-père toujours très sûr de lui. Et maintenant, je veux vous faire part d’un projet qui m’est venu il y a très longtemps, et auquel j’ai longuement réfléchi, puis marqua un temps d’arrêt.

  • Alors cette idée, poursuivit tante Lulu impatiente.

  • Voilà mes enfants, j’ai décidé de retourner chez moi en voiture.

  • Mais papa, dit oncle Jean, c’est chez toi ici, et puis ta voiture, c’est un vieux clou, tu ne feras pas dix kilomètres sans tomber en panne.

  • Enfin papa, tu veux aller où exactement, interrogea ma mère.

  • Chez moi, à Repentigny, là où je suis né il y a soixante-douze ans, dit-il.

Il parlait de sa maison d’enfance, devenue un lieu de vacances familiales privilégié.

  • Les pneus n’ont pas roulé depuis si longtemps, qu’il doit falloir les changer tous les quatre, s’inquiéta tante Lulu, je ne suis pas certaine que tu puisses en trouver maintenant.

  • Ne t’inquiète pas, rétorqua grand-père, j’ai trouvé un petit garage spécialisé dans les voitures de collection, je l’ai contacté et dès demain, je fais changer mes freins.

Il avait toujours été persuadé que son vieux tacot était une voiture de collection !

  • Le garagiste est quasiment certain d’avoir ce qu’il me faut, ajouta-t-il.

Il semblait alors impossible d’arrêter grand-père dans son projet, et tout le monde était déjà persuadé qu’il ferait son pèlerinage.

Ce qu’il fit. Il avait toujours été décisionnaire de ses projets. Et même à soixante-douze ans avec sa vielle auto, il restait le patriarche de la famille.

 

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Grand collectionneur, ce blogue me permet de prendre contact avec des gens qui ont cette même passion que moi. C’est aussi un excellente façon de partager ma vie de professionnel et d’amoureux des jeux vidéos. Oui, je confirme, ma maison doit être pleine de gadgets et de collections et oui - ça rend souvent ma femme complètement folle. Mais ceci dit, comme elle m’aime bien: elle me laisse tout stocker au sous-sol. Je sais, j’ai de la chance. Au plaisir de vous partager davantage mes passions.