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Quand la peur domine

Quand la peur domine - Daniel Green

J’ai toujours eu peur des piqûres. Elles avaient tendance à me faire tourner de l’œil, dès que je les voyais. Ce n’est pas de ma faute, c’est ainsi. Cela m’obligea pendant des années, à rester en bonne santé, et à ne jamais chercher à titiller le destin, de sorte à le forcer à me mettre face à une seringue. D’une certaine façon, mon père me disait qu’au moins, grâce à cela, il n’avait pas à s’inquiéter pour moi pour ce qui était de la prise de certaines drogues. La seule chose pour laquelle je n’arrivais pas à écarter l’idée d’une injection, malgré tous mes efforts, c’était pour le dentiste.

Alors que je n’avais pas une seule carie, je me retrouvais avec une dent à arracher, à cause d’un kyste et d’un nerf en piteux état. J’avais croqué dans un biscuit, ou bien, on avait laissé par mégarde un objet assez dur pour me casser la couronne d’une dent. Au départ, je n’osais pas aller faire de soins, tellement j’avais peur d’aller chez le même dentiste Cote-Vertu, où allaient tous les membres de ma famille. Je laissais aller les choses, jusqu’à être dans l’obligation d’y aller, sous peine que le mal ne se répande dans mon crâne. Tout le monde me prenait un rendez-vous, pour être certain que j’y aille. Je me demande si c’était pour mon bien, ou pour le plaisir de m’y voir.

En arrivant dans le cabinet du dentiste, sa secrétaire me jeta un œil torve. Sans dire un mot, elle m’indiquait la salle d’attente. Son attitude me donna un fou rire, qui faillit me faire m’écrouler par terre. Il y avait deux patients qui eux aussi, me regardaient d’un air presque gêné. Je leur faisais un sourire béat, comme il est impossible d’en faire. Lorsque le dentiste venait me chercher, je lui faisais un sourire de crétin que je ne réservais que pour lui. En m’asseyant sur sa chaise, je piquais tout de suite un petit somme. Il me donna quelques petites tapes sur les mains pour me réveiller. Il avait déjà une seringue à la main. J’éclatais de rire, en montrant la seringue du doigt, à un tel point, que le dentiste douta de mon mal de dents. C’est là que j’ai été obligé de lui dire toute la vérité. Bien sûr que je n’étais pas fier. Je lui ai donc avoué que j’avais bu la moitié d’une bouteille de vodka avant de venir. Je n’avais rien trouvé d’autre pour faire passer ma peur. À chacun sa méthode.

 

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Grand collectionneur, ce blogue me permet de prendre contact avec des gens qui ont cette même passion que moi. C’est aussi un excellente façon de partager ma vie de professionnel et d’amoureux des jeux vidéos. Oui, je confirme, ma maison doit être pleine de gadgets et de collections et oui - ça rend souvent ma femme complètement folle. Mais ceci dit, comme elle m’aime bien: elle me laisse tout stocker au sous-sol. Je sais, j’ai de la chance. Au plaisir de vous partager davantage mes passions.